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Pas de flamme pour les JOs.


Dans un peu plus de 100 jours, Londres lancera ses olympiades pour la 3èmefois après 1908 et 1948. La fête battra son plein dans la capitale anglaise alors que le plus important évènement planétaire aurait pu se tenir en France. A Paris. Une ville lumière qui ne brille plus pour son « amour des jeux ». Enquête.   

le logo des jeux anglais

C’était il y a il y a 4 ans presque jour pour jour….
Ce 7 avril 2008 à Paris, Stéphane Diagana quitte la Tour Eiffel avec la flamme olympique. Il est le 1er relayeur d’un relais controversé. « Pour un monde meilleur » dit le badge sur sa poitrine. Personne n’y croit. L’ancien champion du monde du 400 m haies et du 4X400m est tendu. Son pas est lourd. Celui des gardes du corps qui l’entourent aussi. Pas autant que le cœur des défenseurs des droits de l’homme qui assistent à ce spectacle. Le sport et les sportifs sont otages d’une décision éminemment politique : en 2001, le Comité International Olympique a décidé d’attribuer les jeux olympiques à la Chine, arguant qu’un tel évènement aiderait l’ « empire du milieu » à s’ouvrir au monde. Ce 7 avril, le fiasco est total : des échauffourées ont lieu pont de Bir-Hakeim, les athlètes porteurs du sésame olympique sont hués à l’image de la tenniswoman Marie Pierce avenue de Versailles, le feu sacré est conspué jusque sur les Champs Elysées. Partout, sur le parcours parisien, les manifestants se font entendre, obligeant les autorités à éteindre la flamme. Elle sera cachée dans un bus. Les derniers relais seront annulés.

Paris 2012. Après ces jeux chinois qualifiés « d’exceptionnels » par Jacques Rogge, Président du CIO, le monde sportif a rendez-vous sur la tamise cet été. «Le Jeux de Londres ne posent aucun problème » commente Olivier Basile, directeur de Reporters sans Frontière. « Sotchi et la Russie, c’est autre chose. Il reste une question ouverte au sein du CIO : est-il compatible avec les valeurs olympiques de donner les Jeux à des pays qui ne respectent pas les libertés fondamentales ? ». Cependant après l’immense émoi provoqué par Pékin 2008, l’opinion paraît aujourd’hui amnésique, engourdie. Comme si il fallait continuer sans se poser de questions. Londres 2012 arrive alors ‘’circulez, y’a rien à voir’’. Quid des 40 milliards de dollars dilapidés par la Chine pour les olympiades les plus chères de tous les temps ? Quid de la propagande politique autour d’un évènement qui selon les principes fondamentaux édictés par la charte olympique se doit d’être « au service du développement harmonieux de l’humanité en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine »? Quid de la liberté de presse bafouée ? Quid de la censure ? De la torture ? «Les ONG ont joué leur rôle », répond Olivier Basile. «Vous savez, en ce qui nous concerne, dès 2001, nous dénoncions cette attribution en raison des problèmes inhérents à la politique chinoise. Contrairement à l’interprétation faite, nous n’avions d’ailleurs pas appelé à boycotter ces jeux mais la cérémonie d’ouverture et les officiels. Les athlètes n’y sont pour rien. Ils ne peuvent pas faire une croix sur 4 ans d’efforts ».

des activistes sur la Tour Eiffel en 2008

La leçon d’anglais. Quoi qu’il en soit, la démonstration précédente a laissé des traces. Pour cette édition, la flamme olympique débarquera le 18 mai 2012 en Cornouailles (Angleterre), en provenance directe de Grèce : au programme, un périple de 70 jours et de 12.875 km avant d’atteindre Londres le 27 juillet. Mais, il n’y aura pas de relais international de la torche pour les JO 2012. Dublin, en Irlande, n’est pas exclue, selon les médias outre-manche mais comme l’a déclaré Sebastian Coe, le président du comité d’organisation « La flamme olympique brillera dans chaque nation et chaque région du Royaume-Uni. Ce sera la meilleure vitrine de ce que nous sommes, et du pays où nous vivons ».

Aujourd’hui, dans les rue de Paris, rien ne signale l’approche des olympiades britanniques. Du côté de l’Hôtel de ville et de son locataire, aucun évènement n’est prévu pour l’instant. Il faut dire que le choix de la blanche Albion est peut-être resté coincé dans la gorge de nos édiles. Jusqu’au jour de la désignation de la ville hôte, le 6 juillet 2005, Paname se rêvait capitale olympique et par prolongement, capitale du sport et des sportifs. Un mois avant, pour stimuler la candidature, les Champs-Élysées furent transformés en un immense stade où l’on pouvait pratiquer tous les sports olympiques sous le regard des champions. Il fallait « fêter l’amour des jeux ». Mais voilà aujourd’hui nos rues sont bien calmes : les intrigants anglais de tous poils ont pris le dessus sur la technicité du dossier parisien. Et Londres a raflé la mise. Les couloirs des hôtels l’ont emporté sur les couloirs en tartan. Alors pour beaucoup de parisiens les JOs ce sera à la télé. Mais on n’y pense pas encore. Il y a plus important.

Hasard du calendrier. D’abord, les présidentielles. Ensuite l’Euro de Foot. Dans les rues de Paris, c’est ce qui se dit. Philippe a 55 ans et joue au tennis : « les gens autour de moi parle un peu des jeux mais ce n’est pas encore d’actualité. Et puis il y a trop de problèmes dans le monde, ce qui fait que ça passe après ». Oui, vraisemblablement, l’engouement autour des jeux n’est pas encore là. Pour Hans, la question ne se pose pas « je prends mes vacances à ce moment là, alors… ». Un peu plus loin, Jérôme 39 ans aime bien le sport. «  Quand j’ai le temps je regarde, mais bon, personne n’est concerné aujourd’hui. Je suppose que c’est parce que c’est à Londres… ». Au fil des questions posées, on repense à la formule du Président Chirac car pour l’instant…ces jeux font « flop » !

En tous cas côté cérémonies. Le 18 avril, le Comité National Olympique du Sport Français (CNOSF) réunira bien les athlètes tricolores. Nous serons à J-100 de la cérémonie d’ouverture. Les tenues de nos représentants seront alors présentées. En bref : pas de quoi vous faire saliver, même si, en juillet, le Musée du Sport, – situé dans le 13ème arrondissement-, lancera une thématique autour des jeux et de leur histoire. Toutefois, d’ici là, contrairement à ce que peuvent bien dire les dépliants publicitaires de la compagnie Eurostar, partenaire de London 2012, « la folie ne s’empare pas de Paris ». Alors en attendant fin juillet, comme il ne se passe rien, vous pouvez toujours vous repassez les images stupéfiantes du coup de tonnerre frappé par « l’homme Foudre » en 2008 : Mr Usain « 100 000 » Bolt raflait les médailles d’or sur 100, 200 et 4x100m, records du monde à la clé.
C’était il y a 4 ans. Ce sera peut-être demain encore. Mais pour l’instant, la flamme est encore éteinte. – S.L

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