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Montpellier : Comme un seul homme face au LOU


Pour cette 23ème journée de Top 14, les projecteurs seront certainement braqués sur le derby basque Bayonne-Biarritz. Un match qui peut sonner comme une mise à mort pour le perdant. Mais, sur un autre terrain, un homme fera son retour à la vie. Zoom sur Montpellier et son entraîneur Eric Béchu. 

Quand on est vice-champion de France et que l’on accueille le dernier à 4 journées de la fin du championnat, quel est le risque ? Une grosse dose d’émotion.

Béchu, Galthié et Bès : le staff de Montpellier

Ne riez pas. Évidemment, sans dénigrer la valeur d’un groupe qui n’a glané que 5 petits succès cette année, ce ne sera pas à cause de Lyon. Même si il est vrai que, mathématiquement, les joueurs du LOU ne sont pas encore condamnés à fouler les pelouses de Pro D2. Même si on peut compter sur les soldats de Raphaël Saint-André pour livrer le combat attendu. Et même si, à n’en pas douter, leur artilleur Damien Loursac (82 points) tentera bien de faire parler la poudre dans le stade Du Manoir pour ravir quelques points au MHR. Mais, compte tenu des forces en présence et du parcours des deux protagonistes, il n’y aura que peu de place pour l’imprévu (à l’aller Montpellier s’était imposée à Lyon 10-30). Et de toute façon, l’enjeu sera tout autre.

Puisque l’on vous parle d’émotion.

Cette rencontre aura en effet une saveur bien particulière. Avec le printemps, il y aura d’abord un avant-goût de phases finales. Car  avec 4 points d’avance sur le premier non-qualifié, une victoire permettrait à Montpellier de se projeter un peu plus vers la fin mai. Une victoire bonifiée serait même du meilleur tonneau puisque le calendrier à venir voit Clermont, Toulouse (les deux à l’extérieur) et Biarritz se profiler. Alors l’actuel 4ème du championnat sait ce qu’il a à faire s’il veut au mieux jouer son barrage à domicile, et au pire se qualifier pour des play-offs qui l’an passé l’avaient consacré aux yeux du grand public. Une saveur qui avec les beaux jours rappellera la formidable épopée précédente. Ah, cette formidable épopée héraultaise de 2011. Tout le monde s’en souvient. On le croyait parti de nulle part, et le petit poucet arrivait jusqu’en finale pour affronter l’ogre Toulousain. Il s’en fût de peu, de 5 points exactement, pour que la belle aventure du 7ème budget de top 14 ne prenne la tournure du conte de fée. Devenir champion de France ! Qui plus est en jouant ! Las. Les montpelliérain repartirent avec le trophée en chocolat d’équipe « coup de cœur ».

Les docteurs en action. Mais tout cela n’aurait été possible sans une bande de jeunes loups aussi attachants qu’agaçants, pétris de talents au point de faire tomber successivement, le CO à castres et les stars du Racing-Métro en demi-finale à Marseille. D’un petit point à chaque fois. Le 6ème plus fort que les numéros 2 et 3 de la saison régulière. Montpellier rendait ses faux rebonds au ballon de rugby, ses lettres de noblesses au suspense. On aurait dit que rien ne pouvait arrêter les Trinh-Duc, Ouedraogo, Tomas, Bustos-Moyano et autres « Mammouth » Gorgodze.  Mais où allaient-ils chercher ces ressources pour bousculer l’ordre établi ? D’où tiraient-ils cette foi ? Du trio d’entraîneur Didier Bès-Fabien Galthié- Eric Béchu honorés du titre de meilleur techniciens de la saison écoulée. Assurément. L’ « historique », le « doué » et l’ « ancien » trouvèrent le bon amalgame pour donner corps au potentiel de cette équipe. Une équipe qui était 10ème l’année précédent l’arrivée à son chevet de cette triplette de docteurs es-rugby. Une équipe qui luttait contre la descente comme on lutte contre un mal endémique et qui désormais regarde vers le haut. Comme si cela avait toujours été le cas. Une équipe d’individu devenu un groupe compact. Et mentalement fort. Unis comme un seul homme.

Touché mais debout. Et puis Montpellier s’est mise à boiter bas. Toute la première partie de saison sous la ligne de flottaison incarnée par la 7ème place. Et alors que le redressement prenait l’allure d’une victoire à Biarritz, le 4 décembre, la troupe héraultaise est touchée dans sa chair. Eric Béchu, surtout. Un simple communiqué laisse entendre la gravité de la situation personnelle du Saint-gironnais qui suspend ses activités : « « La continuité de l’entraînement de l’équipe sera assurée par Fabien Galthié et Didier Bès, en attendant le retour d’Eric Béchu. Le Montpellier Hérault Rugby ainsi qu’Eric Béchu ne souhaitent pas communiquer davantage aujourd’hui et le feront à toutes fins utiles le moment venu« . S’en suivent, 4 mois d’absence physique. 4 mois entrecoupés de bribes d’informations. Le 11 janvier, 2 jours après ses 52 ans : « La délicate intervention pratiquée sur Eric Béchu s’est déroulée avec succès. Eric doit maintenant observer une période de convalescence et prie le Montpellier Hérault Rugby de remercier les très nombreuses personnes qui lui ont témoigné de leur soutien». La seule certitude est alors que l’entraîneur se bat contre une maladie grave. Avec panache. Comme sait si bien jouer son équipe quand elle est dans la plénitude de ses moyens. « Je suis toujours resté au contact du club, du staff, et des joueurs au travers du téléphone et de l’ordinateur. J’ai participé aux préparations et aux débriefing » dit l’ancien coach emblématique d’Albi (1999 – 2010). « Ca m’a permis de ne jamais lâcher ». Le rugby comme un fil avec la vie. Le rugby, ce lien entre les hommes. Quand on connaît l’amour que Galthié porte à celui qui fût son éducateur pendant ses jeunes années à Colomiers, on imagine facilement que cette situation n’a dû être simple pour personne. D’ailleurs, de loin, cette histoire laisse filtrer un beau parfum de pudeur, d’intelligence, d’émotions contenues et d’amitiés. Pourtant, malgré la convalescence de Béchu, Montpellier se remet à marcher. Comme si l’épreuve traversée par l’un des leurs permettait de se retrouver. Pour mieux rattraper le temps perdu en début de saison. Se rassembler. Retrouver cette force. Repenser à ces moments de vie heureux. Désormais Montpellier n’aspire qu’à voler.

Demain comme hier. Car Avril est arrivée, le MHR est 4ème, et Eric Béchu de retour pour ce match face au LOU. Affaibli mais plein d’humour. De cet humour qui vous fout des frissons et vous embue les yeux en même temps qu’il vous arrache un éclat : «j’ai fait un petit régime amincissant qui a bien marché, mais ça fatigue un petit peu quand le régime est fort ». Si vous vous demandiez encore d’où vient ce sens de la dérision et de la liberté qu’incarne ce groupe de copains effrontés, ne cherchez plus. Et bien que l’allure bonhomme de l’ancien 3ème ligne centre ait disparu avec les 40 kilos perdus, le personnage, lui, est toujours présent. « Tout ça a été très lourd, très difficile. Eh puis, il fallait prendre une décision pour revenir à un moment. Il aurait fallu que je prenne un peu plus de temps. J’ai eu l’accord médical pour ce qu’on appelle administrativement un mi-temps thérapeutique. Dans mon cas, c’est difficilement quantifiable. Je n’ai pas le temps d’attendre. Même s’il aurait fallu attendre un peu pour être un peu plus raisonnable, je n’ai pas le temps. Avec Fabien, on a décidé qu’il fallait aller vite. » . Des propos à deux lectures. Des propos qui donnent à tous l’envie de se dépasser.

Alors quand on vous parlait d’une bonne dose d’émotions…

On parierait désormais que vous allez jeter un œil curieux à cette rencontre. Montpellier est à nouveau « une et indivisible ». Montpellier est à nouveau prête à revivre ses belles heures. Comme un seul homme.  Et dès samedi face au LOU . – S.L

 

Montpellier Hérault Rugby :

Depuis 2010 et la mise en place du trio Bès-Galthié-Béchu, c’est 29 victoires 2 nuls et 20 défaites en championnat de France (poules et play-offs confondus).

Soit 56,8 % de victoires, contre 39,2  % de défaites

L’actuel meilleur marqueur d’essai du club est le fidjien Timoci Nagusa. Avec 9 essais, il pointe à la 2ème place au classement des meilleurs marqueurs d’essai du Top 14, derrière Yves Donguy (Toulouse)

Le meilleur réalisateur du MHR est Martin Bustos Moyanno avec 192 points.

 

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