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Ecosse–France : « Sous le Kilt, la Plage ? »


La  quatrième journée du tournoi des 6 nations se profile et la France affronte l’Ecosse à Edimbourg. Les enjeux sont simples : Une victoire permettrait de laver en partie l’affront subi au Pays-de-Galles, le 21 février dernier (27-6) et de s’offrir une finale face à l’Irlande le week-end prochain à domicile. De quoi capitaliser sereinement avant la coupe du monde 2015.

« Il est au-dessus, il va être champion du monde et dès aujourd’hui, il doit avoir l’attitude d’un champion du monde. Et si on perd en Ecosse, c’est pas grave, on va être champion du monde. C’est le message qu’il doit faire passer à ses joueurs. » Passionné à l’extrême, Mourad Boudjellal a donné le ton de cette semaine de préparation au voyage écossais. Samedi, son équipe venait de corriger Oyonnax (64-10) pour la 21ème  journée de championnat. Pourtant,  dès la conférence de presse d’après-match, le Président Toulonnais s’est mué en supporter. Jamais avare de sorties désarçonnantes, il a tenu à envoyer ce message à son ancien entraîneur et actuel sélectionneur du XV de France. « Je veux voir un Philippe Saint-André qui survole, qui est au-dessus de son groupe. Qu’il envoie du bois, qu’il devienne optimiste. »

Le Murrayfield Stadium, plus communément appelé Murrayfield, est une enceinte essentiellement dédiée au rugby à XV et localisé à Édimbourg.

Le Murrayfield Stadium, plus communément appelé Murrayfield, est une enceinte essentiellement dédiée au rugby à XV et localisé à Édimbourg.

Jeudi, pour l’annonce du XV de départ, PSA a semblé tenir compte de cette envolée. Esquissant quelques sourires, essayant d’expliquer la pertinence de ses choix, il a surtout entamé une petite révolution en annonçant sept nouvelles titularisations. Pas moins. Et d’avouer : « Mourad a souvent une pensée pour moi. Je le connais. Il peut être bon conseiller parfois. D’autres fois un peu moins… Il a sûrement raison en pensant qu’on va être champion du monde en 2015, en tout cas, on se prépare pour ça. Mais le Tournoi des Six Nations 2014 est très important. Il ne faut pas oublier que l’année dernière, on a fini derniers. Là, on peut encore le gagner. On va donc se concentrer sur le match de samedi, et avec le sourire, comme le demande Mourad Boudjellal… »

Rien ne se crée, tout se transforme. Première surprise : la France va donc être championne du monde en 2015. Et pour ce faire, sûre de ses forces, la moitié de son équipe est à nouveau bouleversée. A l’évidence, une façon d’apporter de l’expérience et de la sérénité dans ses rangs. Et de brouiller les cartes pour l’adversaire du jour. Mais pas seulement.

le deuxième-ligne de Perpignan, Sébastien Vahaamahina, démarrera bien le match comme troisième-ligne aile

le deuxième-ligne de Perpignan, Sébastien Vahaamahina, démarrera bien le match comme troisième-ligne aile

Deuxième surprise : le deuxième-ligne de Perpignan, Sébastien Vahaamahina, démarrera le match en troisième-ligne aile, aux côtés des Clermontois Lapandry et Chouly. Mais ne soyons pas mauvaise langue, tout s’explique : « Sébastien Vahaamahina, depuis notre stage à Canet en Roussillon ( NDLR : fin janvier), on le fait travailler en permanence à ce poste là parce que l’on s’aperçoit que l’on a besoin de taille en touche, de poids en mêlée et on a besoin de puissance et ce joueur est neuf, il est jeune, il a des qualités certaines ». Evidemment, la mise à l’écart de Louis Picamoles, -toujours au rendez-vous en sélection mais auteur d’un match raté à Cardiff-, n’aide pas. Alors si l’on veut conserver un impact physique suffisant, il faut innover, transformer et pourquoi pas révolutionner. Et en alignant trois troisième-lignes avec très peu de vécu à ce niveau, c’est déjà un début.

Autre nouveauté devant : en l’absence de Dimitri Szarzewski et Benjamin Kayser, Brice Mach va connaître sa première titularisation avec les bleus. Une entrée méritée pour le Castrais que l’on sait impatient de prouver sa présence.
Tout et son contraire. A la charnière, le retour de Maxime Machenaud au poste de demi de mêlée ne fait frémir personne tant le jeune Doussain avait été hésitant en début de tournoi. Le punch et la vitesse du racingman ont toujours apporté lorsqu’il est entré en cours de rencontre. Alors pourvu qu’il conserve ces deux forces sur la durée.
Derrière, Maxime Mermoz revient au centre de l’attaque. Le choix d’associer une paire de centre qui a de l’expérience signe son retour au côté de Mathieu Bastareaud. Le talentueux Gaël Fickou,  pourtant dans le groupe depuis le début du tournoi,  reste donc sur le banc. « Il continue son apprentissage » et représente « le futur de l’équipe de France » pour Saint-André. Bizarre. Le futur commence aujourd’hui, le sélectionneur devrait s’en souvenir. Ce joueur qui n’aura 20 ans que le 26 mars semble déjà savoir tout faire. Et, une fois de plus, on regrettera une argumentation qui semble être branchée sur courant alternatif : Expérience –pas d’expérience, on construit-on attend…

maxime Médard fera son retour à l'aile du XV de France ce week-end

maxime Médard fera son retour à l’aile du XV de France ce week-end

Enfin, puisqu’il fallait aussi s’appeler Maxime pour revendiquer le droit d’écouter les cornemuses samedi, Médard remplace Hugo Bonneval à l’aile. Lui qui préfère jouer numéro 15 sera une nouvelle fois placé sur le côté (ce sera sa 20ème sélection comme ailier contre 18 utilisations au poste d’arrière avec les bleus). Mais rien ne semble le gêner : « Si on me demandait de jouer centre, je le ferais aussi. On ne peut être regardant, en équipe de France. Les observateurs savent qu’elle est ma place favorite. Mais dans la position qui est la mienne, aujourd’hui, je ne peux pas faire de caprice… Le seul truc, c’est que si je suis choisi à l’aile, j’aimerais avoir des ballons à négocier… J’aime beaucoup finir les actions, mais aussi j’aime toucher le ballon… ». Autre avantage présenté par le garçon : il semble être touché par le même optimisme que son coach. « On a évolué. Mais il y a eu beaucoup de défaites. Et ça ne plait pas forcément à nos supporteurs. Mais moi je trouve que certaines défaites, comme celles de la tournée de juin dernier en Nouvelle-Zélande, nous ont fait progresser. Les coaches sont en train de construire ».

You say you want a revolution. Bon. Alors finalement, tout cela n’a pas grand intérêt. Vu que la France sera championne du monde en 2015, samedi, elle n’aura aucun mal à battre l’Ecosse, 10ème  nation mondiale au classement IRB. L’Ecosse qui, hormis l’Italie et l’Irlande, n’arrive plus à battre les autres nations européennes depuis 2008 (victoire 15-9 sur l’Angleterre le 8 mars 2008 ; dernière victoire sur les bleus le 5 février 2006 20-16 à Murrayfield). L’Ecosse qu’il vaut mieux jouer aujourd’hui et avant que Vern Cotter (manager de l’ASM Clermont Auvergne depuis 2006)  n’en prenne les rênes en fin de saison.
Oui, après tout, en ces temps d’optimisme béat, ne nous inquiétons pas. Pour préparer son sacre planétaire, la France avançait donc masquée. Une première.  Depuis la création de la  Coupe du Monde en 1987, jamais futur vainqueur n’avait aussi bien caché son jeu. Un classement international modeste (7ème), dix victoires pour douze défaites en 2 ans … il faut l’avouer, nous avons été bluffé.
Et puisqu’il faut y croire, soyons fou, poussons l’utopie à son paroxysme. Et reprenons de vieux slogans.
En Mai 68, « Sous les pavés, la plage » était le symbole des événements qui secouèrent la France au Printemps. Dans les premiers jours des manifestations, lorsque les premières barricades furent dressées, les étudiants constatèrent que les pavés avec lesquels les barricades étaient élevées, étaient posés sur un lit de sable. Plus qu’une incitation à la construction de barricades et au jet de pavés sur les CRS, le slogan résumait les aspirations utopistes du mouvement et son désir de liberté.

Désormais, tout amoureux du rugby se souviendra à jamais de mars 2014 et de ce printemps naissant. Tous derrière Mourad Boudjellal et le sélectionneur, nous chantions déjà « soyons réalistes, demandons l’impossible », « Jouissons sans entraves ».
Parce qu’enfin sous le kilt de nos amis écossais, nous avions vu la plage, le rêve, la victoire tant attendue en finale de la coupe du monde 2015. – S.L

 

 Le XV de France face à l’Ecosse

Dulin – Huget, Bastareaud, Mermoz, Médard – (o) Plisson, (m) Machenaud – Lapandry, Chouly, Vahaamahina – Maestri, Papé (cap.) – Mas, Mach, Domingo.

Remplaçants : Guirado, Debaty, Slimani, Flanquart, Claassen, Doussain, Talès, Fickou.

PROGRAMME du XV de France
01/02/2014 : France 26 – 24 Angleterre (Stade de France)
09/02/2014 : France 30 – 10 Italie (Stade de France)
21/02/2014 : Pays de Galles 27–6 France (Cardiff)
08/03/2014 : Ecosse – France (Edimbourg – 18h00)
15/03/2014 : France – Irlande (Stade de France – 18h00)

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