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Four Nations 2013 : Les Blacks, les Boks et les autres.


Les All Blacks ont remporté la 2ème édition du « Rugby Championship », version à quatre du tri nations. Un parcours presque parfait pour une Nouvelle-Zélande chahutée par des Springboks toujours surpuissants qui ont su donner une nouvelle dimension à leur jeu. Australie (3ème) et Argentine (4ème) restent loin derrière. Bilan.Rugby-Championship-2014-All-Black-Wallabies-Springboks-Pumas

Honneur aux vaincus. Le bilan comptable est maigre : 12 matchs en 2 ans (puisque les équipes du « Four Nations » se rencontrent deux fois, à domicile et à l’extérieur), 11 défaites et 1 nul pour l’Argentine. Et à part les 2 points du 16-16 arraché à des Springboks balbutiants l’an passé à Mendoza, les Pumas n’ont réussi à décrocher que 4 bonus défensifs. Deux cette année. Deux l’an dernier. A la lecture de ces chiffres, on est très loin des espoirs suscités par l’arrivée des sud-américains dans ce tournoi majeur. Affronter chaque année trois des quatre meilleures nations au monde (au dernier classement IRB publié ce lundi, la Nouvelle-Zélande est 1ère, l’Afrique du Sud 2ème, l’Australie 4ème derrière l’Angleterre) devait permettre de hisser les argentins vers le haut du tableau mondial. Au contraire, on pourrait même noter un fléchissement et un recul de leurs performances depuis deux ans : ils ont perdu deux places aux classements IRB (10ème aujourd’hui) et restent derniers du « Four Nations » mais comptent moins de points au classement. Certes, avec 7 essais marqués, les Pumas scorent autant que l’an passé. Mais là aussi, avec un peu plus d’un essai par match dans une compétition qui donne la part belle au jeu, c’est faible. Et les lourdes défaites concédées face aux Sud-Africains (73-13, 9 essais encaissés, plus large défaite et plus grand nombre de points encaissés face aux Springboks) et aux Australiens (17-54, 7 essais ; plus large défaite à domicile et plus grand nombre de points encaissés face aux Wallabies)  pour les premier et dernier matchs du tournoi inquiètent. D’autant que les Argentins jouaient une hypothétique 3ème place historique face aux Wallabies. Las, il était encore trop tôt. Malgré une mêlée supérieure et une domination en début de match, les partenaires de Felipe Contepomi, qui jouait son dernier match (651 points, 16 essais en 87 sélections), ont montré des limites mentales et techniques importantes. Aujourd’hui, il reste beaucoup de chemin à faire pour prétendre à une place d’honneur : la stratégie affichée reste souvent fragile (lors du dernier match, menés 0-7 face aux australiens, les argentins ont enchaînés les mêlées pendant sept minutes sans jamais changer d’option ni marquer le moindre point) et la défense trop peu agressive pour prétendre défier ce qui se fait de mieux au monde.

Evidemment, l’expérience de cette compétition et du style de jeu pratiqué par Blacks, Boks et autres Wallabies ne peut s’acquérir spontanément. La plupart des joueurs argentins évoluent en Europe ou en Argentine et, jusqu’à présent, les ciels et blancs n’avaient pas l’habitude du rythme imposé par ce type de confrontations. Mais les excuses ne pourront tenir longtemps. Car au-delà des Pumas et de leurs résultats dans ce Rugby Championship, c’est tout le rugby argentin qui doit se développer pour continuer d’exister. L’arrivée d’une franchise albiceleste en Super 15 serait l’une des pistes d’avenir. A suivre.

Wallabies : vivement le rebond. L’Australie n’en finit plus de dégringoler. Victorieuse en 2011 du dernier Tri Nations, 2ème en 2012 à la faveur d’un nul entre sud-africains et argentins, elle hérite logiquement de la 3ème place en 2013. Et si les Argentins avaient fait montre d’un peu plus de réalisme et de maîtrise lors de la 6ème journée, rien ne dit que l’Australie n’aurait pas connu plus grande honte. Car si l’on retire le bénéfice des deux victoires face aux Pumas, l’Australie ne marque aucun point face à ses deux sœurs-ennemies que sont la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud : une première depuis la création de cette compétition en 1996 ! Il faut dire que l’éviction du sélectionneur, Robbie Deans (en poste depuis 2008), début juillet, juste après les défaites face aux Lions (Britanniques et Irlandais ont remporté la série de tests 2-1), n’a pas aidé. A son entrée en fonction, son successeur, Ewenn Mc Kenzie (coach du stade Français de juin 2008 à septembre 2009 ; champion du Super 15 avec les Qeensland Reds en 2011) ne disposait plus que d’un mois pour préparer un groupe compétitif. Pourtant, avec dix nouveaux éléments appelés, il a annoncé qu’il jugeait son squad « capable de remporter des succès » tout de suite et qu’il fallait « se remettre en question pour faire les choses différemment » ou les résultats ne changeraient pas. Clamant que sa priorité était de construire un groupe d’avenir, Mc Kenzie a aussi rappelé l’ouvreur Quade Cooper, absent depuis octobre 2012, ou encore l’ancien treiziste et joueur de football australien, Israël Folau, très en vue pendant le dernier match. Durant l’été, il a tenté des ajustements pour trouver, au plus vite, la formule la plus efficace. On a ainsi vu Adam Ashley-Cooper (86 sélections) passer du centre à l’aile pendant le tournoi. Mc Kenzie a surtout eu le mérite de simplifier le jeu Wallabies, reconnaissant que son équipe était encore trop fébrile. « Il faut gagner pour valider ce que vous faîtes » déclarait-il après l’étroite victoire face aux Pumas à Perth, le 14 septembre dernier.

Gagner d’abord, la manière suivra ensuite. C’est peut-être cette philosophie qui a permis de terminer sur un succès retentissant (17-54) -sans aucun doute flatteur- en Argentine. Et de revivre un peu. En attendant de nouveaux rebonds.

1ers… juste derrière les champions ! Le capitaine des Springboks est lucide lorsqu’il déplore la mauvaise défense de son équipe lors du match capital perdu face aux Néo-Zélandais (27-38). Mais Jean de Villiers a aussi raison d’ajouter : « Nous aurions aimé gagner le match, mais je pense que le rugby qui a été pratiqué ce soir était une belle publicité pour le jeu. Je pense que le monde entier a vu ce que ces deux équipes peuvent faire. Nous pouvons être fiers de la façon dont nous avons joué. « . Et comment !!! Sous la férule de Heyneke Meyer (en poste depuis janvier 2012), les Springboks sont en train de se réinventer. Sans perdre leur jeu frontal et leur goût du combat, leur talonneur Bismarck du Plessis pourrait en témoigner. Mais, désormais plus joueurs, les sud-africains sont aussi capable d’utiliser au mieux les espaces et le jeu au large. Pour preuve, leurs derniers succès estivaux : 44-10 face à l’Italie, 30-17 face à l’Ecosse, 56-23 face aux Samoa et le score fleuve face aux argentins 73-13 en ouverture de ce Four Nations 2013. Au total, ce n’est pas moins de 23 essais inscrits pendant la compétition que les sud-africains peuvent revendiquer, soit…un de moins que les All Blacks. Alors oui, les Springboks ont perdu deux fois face aux maîtres du monde ovale. Mais qui ne perdrait pas aujourd’hui face à cette équipe ? Oui les Springboks, à l’image de leur arrière Zane Kirchner, ont tendance à l’oublier encore et toujours : le physique n’est pas tout et la passe peut primer sur le défi. Mais il serait injuste de négliger que cette équipe compte dans ses rangs de merveilleux joueurs de ballon et représente le  parfait dosage entre expérience et jeunesse : la paire de centres De Villiers(32 ans) – Engelbrecht (24 ans), le serial marqueur Bryan Habana (30ans ; meilleur marqueur de la compétition avec 17 essais ; et 57 essais en tout pour 92 tests joués), le virevoltant ailier Willie Le Roux (24 ans) ou encore le métronome Morne Steyn (29 ans) à l’ouverture alors que Patrick Lambie (déjà  29 capes) et ses 23 ans se forment patiemment. Et que dire des avants ! Duane Vermeulen (27 ans) excelle au poste de numéro huit quand les jeunes pépites né en 1991, Siya Kolisi en 3ème ligne aile (entré en cours de jeu, il a sauvé un essai face aux All Blacks) ou le 2ème ligne Eben Etzebeth, coureur et bagarreur à souhait, incarnent déjà l’avenir radieux du rugby arc-en-ciel. On en oublie.

Et si ce groupe vient de perdre un combat de poids lourds digne d’un Tyson-Frazier face aux Néo-Zélandais, demain s’offre déjà à lui. Demain, c’est déjà le mois de novembre qui arrive avec ses tests automnaux face aux équipes européennes : Pays-De-Galles (09/11), Ecosse (17/11), et France (23/11). Demain, ce pourrait être aussi la consécration lors de la Coupe du Monde 2015 en Angleterre.

Seuls au monde. 6 sur 6. Il s’agit de victoires en autant de matchs. Et ce pour la deuxième année consécutive dans le Rugby Championship. C’est simple : les All Blacks sont irrésistibles !

On a parfois l’impression qu’ils sont malmenés ou dominés physiquement ? Dans les minutes qui suivent, les hommes en noir font preuve de réalisme, adaptent leur jeu et leur placement. Pour mieux assommer leurs adversaires. On appelle ça l’intelligence situationnelle. Celle des Néo-Zélandais est hors norme. Et le talent des joueurs va de pair avec une technique exceptionnelle. Un exemple lors de la 6ème journée à l’Ellis Park de Johannesburg : les Springboks laissent tomber un ballon, les avants Blacks lancent la machine. Tour à tour, les 2ème lignes Brodie Retallick (22 ans, quelle maturité) et Sam Whitelock jouent à la perfection, redressent leurs courses, créent des points de fixation. Le ballon gicle. Le numéro 8 Kiearan Read redresse à son tour, prend un intervalle et adresse une chistera à son ailier Ben Smith lequel ira « aplatir facilement » après un crochet intérieur, trois joueurs évités, et un raffut sur l’ouvreur sud-africains Morne Steyn. Tout ça sous la pression des Boks ! Chapeau. Mais ne soyons pas dupe. On loue toujours le jeu de passe des Champions du Monde : ils sont aussi ceux qui tapent le plus au pied et comptent le plus grand nombre de mètres gagnés dans ce Rugby Championship. Quand on vous parle d’intelligence et de stratégie. A l’image de ce match, la Nouvelle-Zélande sait subir, se recroqueviller pour mieux contrer (42 % de possession, 40 % d’occupation, moins de passes ou de mètres parcourus balle en main que ses adversaires du jour). Et jouer juste. Mais tout cela ne serait possible sans une défense intraitable dans le jeu courant, les mauls et les rucks (84 % de plaquages réussis) où Liam Messam et Kieran Read sont les rois des ballons grattés et arrachés. Ajoutons que le monde entier sait maintenant que la blessure du meilleur ouvreur du monde Daniel Carter n’affaiblit pas les All Blacks : Aaron Cruden (24 ans) et Beauden Barret (22ans) font bien mieux qu’assurer l’intérim, et, sans conteste, ils seraient titulaires dans bon nombre de sélections internationales s’ils n’étaient Néo-Zélandais. Et quand on sait que la paire de centre la plus expérimentées porte aussi la fougère sur le cœur (Ma’a Nonu – Conrad Smith comptent 51 sélections ensemble, juste devant les irlandais O’Driscol-D’arcy)…

Oui, c’est simple : les All Blacks sont irrésistibles. Depuis leur titre mondial en 2011, les joueurs de Steve Hansen ont joués 23 matchs. Résultat : 21 succès, 1 nul (18_18 face à l’Australie lors de la Bledisloe Cup à Brisbane, le 20/10/12) et 1 défaite (38-21 face à l’Angleterre, le 02/12/12, en fin de saison). Pour cette seule année, ils comptent 9 victoires consécutives face à des nations majeures (la France en juin et lors du Four Nations), ils présentent un bilan moyen de 34-15 en leur faveur. Leurs cinq prochains rendez-vous devraient confirmer cette suprématie (Australie à domicile le 19/10, au Japon le 02/11, en France le 09/11, en Angleterre le 16/11, en Irlande le 24/11). Et, à moins que la fatigue ou l’Angleterre ne s’en mêle, la belle série devrait continuer. Tant les All Blacks dominent le monde. S-L

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