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Hors piste, PQDS...des portraits !

Mathieu Pigache : « la Tech Run, c’est festif, sportif et drôle ! »


La Tech RunVoici un nouvel évènement sportif… dédié aux startups ! Oui, vous avez bien lu : Sport, innovation et nouvelles entreprises mélangés le temps d’une course. Comment est-ce possible ? En quoi ces mondes se rejoignent ? Comment peut-on rassembler des centaines de personnes et de créateurs d’emplois pour suer et partager un goûter ? C’est ce que Mathieu Pigache, Directeur Général d’Alvarum, a expliqué à Plus Que Du Sport. Tout en se présentant. D’un souffle.

 

On connaissait Alvarum organisateur de récoltes de dons sur le net. Pourquoi désormais organiser une Tech Run ?
Vous savez, c’est assez normal finalement. Nous sommes aussi à l’initiative de « La course des héros » en juin à Paris et de la « Marche des Lumières » à Lyon, au mois de novembre. Et cette Tech Run a vu le jour assez simplement grâce à tous ceux qui ont cru en cette idée, à l’image des participants ou de nos partenaires principaux tel que Apparius.

Désormais, Alvarum doit être aussi considéré comme un organisateur d’évènements sportifs concurrent de grosses écuries telles que Amaury Sport Organisation (Dakar, Tour De France..) ?
Non, on a de bonnes relations avec eux puisque nous travaillons ensemble à l’occasion des grandes courses parisiennes (Marathon, semi…). Nous gérons les challenges caritatifs : on propose aux gens de faire des collectes de dons pour obtenir les derniers dossards disponibles lorsque les inscriptions sont « sold out », bouclées. Cela dit, nous n’avons pas le même positionnement qu’A.S.O : eux visent de grandes manifestations très populaires qui vont mobiliser des dizaines de milliers de personnes, nous nous ciblons des communautés particulières sur des thématiques très précises. Nous permettons à un groupe d’individu de se retrouver, de renforcer des liens existants dans un cadre novateur et sportif.

D’où l’idée de créer la Tech Run (un relais de 4x5kms composé de 1,2,3 ou 4 personnes – Esplanade du Château de Vincennes) . Une idée qui émane du milieu des startups ou de votre équipe ?
En fait, Alvarum est un peu à la croisée des chemins. Après avoir mobilisé 5000 personnes du monde associatif sur « La Course des Héros », on s’est dit que l’on pouvait organiser d’autres rendez-vous qualitatifs pour d’autres communautés. Et comme nous sommes aussi une startup, que nous avons été incubés au sein de Paris Région Innovation Nord Express par la Mairie de Paris pendant 3 ans, et que nous louons aussi des locaux à Numa, l’un des lieux dévolus aux lancements d’entreprises, notre réseau et notre façon de travailler font qu’au bout de 5 ans, nous sommes toujours une startup.

La Tech Run c’est donc une façon de renvoyer l’ascenseur à ce milieu de l’innovation ?
Oui et non. On s’est surtout rendu compte que c’est un milieu qui aime se rassembler. Alors ça a fait Tilt ! On a imaginé une forme de regroupement totalement nouvelle pour ces jeunes entrepreneurs. Au-delà des conférences qualitatives, des « meet-ups » sur des thématiques particulières, voire des voyages qui réunissent des créateurs d’entreprise au cœur de la silicon valley, on a voulu un moment sympathique qui réunirait non seulement les entrepreneurs, les créateurs mais aussi toutes leurs équipes.

Il y a d’autres évènements de ce type dans le monde ?
Non justement, pas à notre connaissance. Il y a bien sûr des courses inter-entreprises dans l’esprit « Team Building » comme B2Run en organise depuis peu en France. Mais ils étaient centrés sur des grands groupes. Alors que nous nous adressons en priorité au monde du digital et de l’innovation donc à des sociétés un peu plus à taille humaine.

alvarumPourquoi avoir choisi le sport comme support ? C’est important pour vous ou simplement un moyen de se démarquer ?
Le sport est un peu l’ADN de ce que nous réalisons depuis le début. Au travers de la collecte de dons en ligne sur Alvarum, nous avons pu voir que le sport fédérait facilement les gens, leurs amis et familles. Le dépassement de soi, la possibilité d’emmener d’autres sportifs ou non-sportifs dans son sillage sont des possibilités qu’offre le sport. Et les gens se prêtent facilement au jeu, se lancent des défis pour des bonnes causes. Ce n’est pas compliqué d’avoir une paire de baskets et de courir quelques kilomètres à son propre rythme. Oui, le sport véhicule des valeurs que l’on juge importantes : imaginer, se dépasser, s’encourager, s’entraider… et tout cela ensemble et à la hauteur de ses propres moyens physiques.

La Tech Run est un prétexte ? La compétition est donc reléguée à l’arrière-plan ?
L’évènement est chronométré. Les participants aiment se « tirer la bourre » et voir leur classement. Mais ce n’est pas la finalité. La finalité, c’est de passer un bon moment avec ses partenaires de travail ou de secteur d’activité, de pouvoir échanger, se rencontrer. Le sport est le meilleur vecteur pour cela.

Le concept par équipe se développe sur de nombreux formats modernes, quel intérêt y voyez- vous ?
L’impact « team building » est important lorsque l’on s’adresse à l’ensemble des collaborateurs d’une structure. Les cent quatre-vingts équipes inscrites, – que nous avons interrogées afin de calibrer aussi l’évènement selon leurs envies -, nous l’ont dit. Elles sont avant tout présentes pour passer un instant fun et de qualité entre collègues. Il y aura tout de même un village des innovations – situé sur la zone de départ – avec des entreprises qui vont présenter et faire tester leurs concepts. Les participants vont avoir envie d’y déambuler évidemment mais ce n’est pas le « driver » principal. Il peut y avoir plusieurs moments sympas dans une semaine de travail : boire un verre ou pourquoi pas se dépenser en équipe. Comme pour nous : ce soir chez Alvarum nous allons courir ensemble après le boulot.

Vous-mêmes vous pratiquez la course à pied donc ?
Absolument ! Un peu moins depuis 15 jours mais sinon oui. Je m’inscris à une ou deux courses populaires par an et fais deux à trois sorties par semaine.

Vous prenez part à la Tech Run ?

Mathieu Pigache, DG d'Alvarum

Mathieu Pigache, DG d’Alvarum


Non, malheureusement, en tant qu’organisateur, on porte déjà un peu toutes les casquettes. Je vais surtout prendre le temps d’échanger avec les gens, pour bien comprendre leurs attentes et faire en sorte que l’édition numéro 2 soit encore mieux !

Vous avez un sport qui vous tient à cœur ?
A la base, je suis footballeur. Je me suis mis à la course progressivement. Il faut bien le dire : cela m’a permis de ne plus prendre de coups tous les week-ends ! Je suis intéressé par tous les sports. Mais quand on habite en ville, c’est assez facile d’aller courir. Avant je faisais pas mal d’Urban Foot avec des amis. Mais il faut prévoir les déplacements. Alors que lorsque je sors de chez moi avec des chaussures de running, c’est assez simple.

Est-ce l’activité qui se rapproche le plus de l’esprit start-up : simplicité, innovation, capacité d’adaptation ?
En effet. Quand on se déplace, c’est assez facile d’avoir une paire de basket dans son sac et de s’adapter, de parcourir un nouvel endroit. En plus, on peut mobiliser simplement les gens autour, c’est entraînant… oui, c’est un peu comme le monde des startups aujourd’hui. Je rencontre beaucoup de personnes qui sont lassées de leur travail, créent leur entreprise, en mobilisent d’autres, qui disent « tiens toi tu devrais te lancer, tu devrais faire ça… mais non tu verras c’est facile ». C’est un peu comme pour la course à pied.

Il y a un sportif qui vous a touché particulièrement ?
J’aime beaucoup le vélo et le Tour de France. Et je suis un grand fan de Laurent Jalabert. Il me fascine un peu. A plus de quarante ans, après avoir raccroché le vélo, il s’est lancé un nouveau défi : il est devenu triathlète, ironman et continu à performer. Cela m’impressionne. J’aimerais pouvoir faire comme lui. J’ai débuté le ski tardivement, peut-être que je deviendrai très bon à l’avenir.

Aujourd’hui, vous êtes Directeur Général d’Alvarum, après avoir œuvré pour Lagardère et Deloitte. Votre parcours professionnel vous permet-il de dire qu’il y a des liens entre le sport et l’entreprise ?
Effectivement, il y a de grandes passerelles. Quand on aime le sport, se maintenir en forme, se dépasser, on s’aperçoit que la gymnastique du corps est liée à une certaine gymnastique d’esprit. On est assez ouvert et flexible et cela se retrouve dans la façon dont on travaille. Ensuite à mon niveau, faire du sport me permet de rester en forme, de m’aérer et d’avoir les idées claires pour travailler. Quand j’ai quitté Deloitte, je ne connaissais pas le monde de l’entrepreneuriat mais je me suis lancé en rejoignant l’aventure Alvarum. Il y a avait une part de curiosité dans cette démarche. Une forme d’audace que l’on peut retrouver dans la démarche sportive.

tech run 2Dernièrement, un rapport publié par le MEDEF, AG2R et le CNOSF précisait que la pratique sportive pouvait avoir une incidence directe sur la vie des entreprises : gain de productivité, réduction des dépenses de santé… Qu’est-ce que cela vous inspire ? Faut-il que tout créateur d’entreprise fournisse des baskets ou autres abonnements en salle à ses employés ?
Non, il ne faut jamais tendre vers l’obligation. En revanche, lorsque les gens testent la pratique régulière d’une activité physique, ils se rendent vite compte de ses bienfaits. Que ce soit dans les grands groupes où vous pouvez retrouver des salles de sport et des douches pour se dépenser entre midi et deux, ou dans les petits groupes. Pour la Tech Run par exemple, les frais d’inscription ont souvent été pris en charge par les startups. Aller faire du sport ensemble devrait être perçu au même niveau que de payer un verre ou partager un repas d’entreprise.

Il y a des images communes au management d’une entité sportive et d’une entreprise ?
Ça, c’est certains. Rien que pour l’organisation de la Tech Run, je fonctionne comme un capitaine d’équipe : donner le bon tempo, replacer les gens en phases défensives ou offensives (rires), donner mon avis ou assurer « la deuxième lame »… et derrière il faut que chacun connaisse son rôle et le gère du mieux possible pour obtenir une victoire commune.

Vous avez des projets, des envies particulières en matière d’évènements sportifs ?
Oui, on a d’autres idées en chantier, toujours dans l’optique de mobiliser d’autres communautés. On aimerait créer un nouvel évènement fort en 2016. Mais je ne peux pas vous en dire plus aujourd’hui…

Quelle est l’évènement idéal ou le plus fou que vous pourriez concevoir ?
A l’image du « burning man » aux états-unis, – mais sans l’aspect drogues et débauche-, ce serait de rassembler sur plusieurs jours énormément d’hommes et de femmes dans un lieu perdu, naturel et suffisamment vaste. Avec en toile de fond un thème sportif. Dans l’esprit d’un raid, d’un trail ou d’une course d’orientation mais ouvert aux participants de tous niveaux physiques et avec le mot plaisir en point de mire.

Si on vient sur le village de votre course, samedi, on peut rencontrer des starts-up qui travaillent dans le domaine du sport ?
Bien sûr, il y en aura plusieurs. Par exemple, vous pourrez retrouver Baba Sport, un site qui permet d’organiser et réserver une activité sportive pour son week-end, Spearit qui permet à quiconque voulant s’améliorer dans une discipline sportive de trouver un coach adéquat. Il y aura aussi deux animations : la 1ère autour de la Bonk Box , une salle de sport mobile et connectée qui peut venir de manière temporaire sur un lieu donné, à côté d’une entreprise pourquoi pas ? La 2ème, autour d’Oculus Rift et de l’agence digitale Be Com Institute, permettra de s’essayer virtuellement à la barre d’un trimaran de compétition.

Finalement la Tech Run c’est Festif ou sportif ?
C’est festif, un peu sportif et drôle aussi parce que l’on va remettre un prix à l’équipe qui aura mis le plus de temps (rires). Et c’est aussi un tout petit peu business : les participants ne viennent pas signer des contrats mais c’est un lieu qui peut faciliter des rencontres, permettre d’échanger, d’imaginer des collaborations ou partenariats et pourquoi pas se rappeler cinq jours plus tard pour discuter d’un projet commun ou d’une solution professionnelle adaptée.

Et c’est amené à durer comme la Coupe du Monde ?
Oui, on est sur du long terme. On pense déjà à l’année deux. A l’avenir, on veut un village des innovations qui comptera, non pas 17 exposants comme cette année, mais une centaine. On fera tout pour que la Tech Run conserve son côté convivial mais aussi pour qu’elle devienne un rendez-vous incontournable dans le milieu de l’innovation, avec des participants issus de tous nos territoires.

Pour finir, rassurez-nous : comme on peut le voir sur de nombreuses courses, la Tech Run opèrera des contrôles anti-dopage ?
C’est possible vu que l’on est déclaré auprès de la Fédération d’Athlétisme mais je préfère entretenir le doute (rires..).

 

Propos recueillis par @stephanlem

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