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« Là-haut, on construit des relations uniques », Cyril Salomon, créateur du festival Montagne en Scène


mesMais c’est quoi « Montagne en Scène » ? D’abord un paradoxe : Un festival qui projette dans des salles obscures et fermées, des films livrant de magnifiques vues et d’incommensurables espaces… Ensuite, un rêve collectif : des sportifs habitués à la solitude et à l’immensité des cimes naturelles rencontrent des milliers de spectateurs au cœur de villes bitumées. Et tout le monde est heureux. Car ce rendez-vous est devenu un véritable rendez-vous, un lieu de communion et de compréhension humaine. Grâce à deux passionnés des sommets, Manon Grimwood et Cyril Salomon. Ce dernier s’est confié à Plus Que Du Sport et, ensemble, nous avons mis la « Montagne en Scène » et en mots… Lorsque la toile convoque les étoiles. Entretien.

 

« L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé…  » d’après Gaston Rébuffat. Avec Manon, avez-vous créé « Montagne en Scène » en visant un objectif particulier ?
Effectivement, cette citation me parle particulièrement parce qu’on y retrouve tout le sens de « Montagne en Scène » : donner aux citadins la possibilité de regarder ce qu’ils ne voient pas depuis leurs bureaux ou leurs « chez-eux ». L’idée était d’apporter la montagne en ville pour leur donner envie d’y aller par la suite. Et la finalité n’était pas de montrer uniquement des films de montagne mais de pousser les gens à réaliser leurs rêves que ce soit sur les cimes ou ailleurs. Susciter l’envie, la passion quel que soit le futur cadre choisi pour l’exprimer, c’était très important pour nous. Moi je suis passionné de montagne sous toutes ses formes : escalade, ski, ski de randonnée… et j’étais très frustré de l’absence totale de représentation à Paris. Il n’y avait rien, ni expo, ni film… et c’est pour palier cela que l’on a lancé le festival fin 2012. Mais on n’a pas inventé l’eau chaude. D’autres évènements existaient en France et nous nous sommes notamment beaucoup inspirés des « Rencontres du Cinéma de Montagne de Grenoble » organisés par la ville de Grenoble depuis 17 ans et créé par Yves Exbrayat. L’état d’esprit nous avait beaucoup plu et, avec Manon, on s’est dit « tiens c’est ça qu’il faut que l’on fasse ! ».

De quel esprit parles-tu ?

l'affiche du festival grenoblois

l’affiche du festival grenoblois

C’était extrêmement convivial. En général, l’écran mystifie la réalité, le sportif y devient vite inatteignable lorsqu’on le regarde. On a l’habitude des stars de cinéma que l’on n’imagine pas croiser dans la rue. L’écran crée un monde parallèle. L’esprit du festival est de faire venir les sportifs sur scène pour leur redonner forme humaine : on se rend compte qu’ils mesurent un mètre soixante-quinze, qu’ils ne sont pas plus costauds que nous, et qu’ils font des trucs incroyables. Les voir en vrai rend les choses possibles. Même si cela reste à notre échelle et que cela ne sera pas aussi extrême, cela nous inspire tous. C’est cette notion de partage que l’on voulait mettre en avant. Et c’est aussi pour cela que l’on s’est nommé « Montagne en Scène » car l’utilisation de la scène était vraiment très importante.

Si on résume l’expérience depuis son lancement il y a 2 ans et demi, le Festival « Montagne en Scène » ne cesse de gravir les échelons : Du « Grand Rex » à la Villette jusqu’à l’an passé, il s’installe désormais au Palais des Congrès et dans 20 villes de France à partir du 16 Novembre, sans parler de la Suisse et la Belgique. Depuis 2014, vous avez aussi décliné le festival en deux rendez-vous (été/hiver). En fin d’année vous cumulerez pas loin de 80 000 spectateurs. C’est un succès vertigineux ! Serais-tu adepte du proverbe tibétain qui dit : « Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper » ?
(rires) Heureusement parce que si on s’arrêtait là, on finirait par s’ennuyer. Pour chaque édition, on essaie d’amener de la nouveauté que ce soit au niveau du format, des dates, des films choisis. C’est pour cela que cette année nous allons travailler avec les éditions Guérin et les éditions du Mont-Blanc pour leur proposer une librairie, organiser des dédicaces et incorporer la littérature de montagne. Nous avons également une exposition photo itinérante. Nous ne sommes pas des monomaniaques du film bien que ce soit le support qui communique le mieux les émotions au plus grand nombre. Mais nous tenons beaucoup à ce que la photo et le livre offre d’autres dimensions.

Finalement, avec Manon, vous constituez un duo, à l’image d’une cordée d’alpiniste qui se lancerait dans une nouvelle voie. Faut-il être fou ou passionné pour lancer un festival à seulement 27 et 25 ans en sortant d’HEC ?
Sans doute un peu ! Quand on a réservé le Grand Rex en mars 2013, on s’était dit : « c’est bon, le skieur freestyle Candide Thovex l’a rempli, on va y arriver aussi ». Sauf que lui avait un nom, pas nous. Avec le recul, on se dit que c’est un peu miraculeux d’avoir réuni 2500 personnes dans ce grand Rex pour la 1ère édition. On avait développé tous les canaux de communication possibles, peut-être vingt, on s’est démultiplié : partenariats, collages d’affiches…
Mais désormais, le challenge est de fournir de la qualité aux spectateurs, d’autant plus que nous revenons tous les 6 mois.
Créer un Festival, ce n’est pas que du fun. On prend aussi des risques. Lorsque l’on sort d’une grande école, on peut avoir un plan de carrière en tête. Mais la passion peut aussi décider de nous faire prendre d’autres voies.

Quand avez-vous dit « on fonce » : autour d’un café, en plantant un piolet ?
Simplement ! Dans le cadre d’une réflexion sur la création d’entreprise lors de nos études. Quand on est passionné, on sait qu’il y a un manque. Et une fois ce manque identifié, en tant que jeune entrepreneur, on se dit que ce serait d’autant plus génial de créer quelque chose qui correspondrait à cette passion et à ce manque.

cyril et manon sur scèneQuel est le plus haut sommet que vous ayez eu à gravir jusqu’à présent en lançant « Montagne En Scène » ?
(rires) clairement, notre changement de nom ! Au début, on s’appelait « La Nuit de la Montagne » et on a eu des petits soucis puisque l’appellation était déjà prise. Six mois après la création, nous avons dû devenir « Montagne en Scène » et ce n’était vraiment pas évident.

Quels sont les écueils à éviter pour ne pas « décrocher » lorsque l’on vit pareille entreprise ?
C’est sûr que le jour où nous ne serons plus animés par cette même passion, on s’occupera moins bien du festival. C’est la même chose en montagne. Tant que l’on est passionné et que l’on veut vraiment atteindre le sommet, on met tout en œuvre pour y arriver. Quand on a moins de motivation, en général, cela se passe moins bien. Pour nous, c’est exactement pareil. Il faut faire attention. Cette passion ne durera peut-être pas vingt ans. Il faudra peut-être passer la main pour que « Montagne en Scène » vive après nous. Personne n’est éternel. Pour l’instant, c’est le top mais il faudra être vigilant notamment pour préserver l’esprit. Sur un tel festival, on fonctionne beaucoup à l’affect avec les réalisateurs, les sportifs… On donne beaucoup de nous !

Qui est-ce qui tire l’autre au sein de cette cordée Manon-Cyril ?
Aujourd’hui, c’est un peu plus moi car Manon à un autre job à plein temps. Du coup, cela nous permet d’avoir un regard plus posé, d’avoir un avis moins accaparé par l’action quotidienne que nécessite l’organisation. Et cela crée aussi un équilibre entre passion et réflexion.

Jusqu’à présent,-sans dénigrer les autres-, si tu ne devais en retenir qu’un/une, quel film/quelle rencontre t’ont le plus marqué ?
C’est « Downside Up (T’es pas bien là ?)» de Seb Montaz avec le skieur Vivian Bruchez. On est devenu très proche avec Seb. Vivian était venu et c’était la première fois que l’on faisait une date en province, à Marseille. J’étais tout seul et il m’a aidé à mettre les journaux sur les fauteuils de la salle comme s’il faisait partie de l’équipe du Festival. C’était sa première tournée à lui aussi. Et on a vécu des moments hyper forts ensemble. Autour de ce film qui nous ressemble, qui mêle convivialité, humour et extrême, et fait le lien avec des images d’archives entre passé et présent, entre Vivian et Anselme Baud ou encore Pierre Tardivel. C’était top, vraiment ! On en redemande !

Et quel est le meilleur retour qu’un des sportifs ou réalisateurs participants vous ait fait ?
Xavier Delerue nous avait confié qu’il n’avait jamais reçu pareil accueil lorsqu’il avait présenté « Mission Antarctique » au Grand Rex. C’est vrai que c’était dingue. A la fin, on avait l’impression que le sol tremblait tellement il y avait de bruit dans la salle. Xavier nous a dit que c’était unique et maintenant il nous propose son nouveau film chaque année et se débrouille pour être là quel que soit son emploi du temps. Venant d’un gars qui a participé aux jeux olympiques, c’est énorme. Mais on a toujours des retours ultra-positifs.

On dit souvent que la montagne est changeante, qu’il faut savoir l’écouter. Qu’en est-il de « montagne en scène » ? Le festival évolue-t-il lui aussi ?
Chaque édition a sa personnalité. Nous ne produisons aucun contenu, un peu à l’image de Cannes, et c’est un avantage. Dans le monde entier, le potentiel créatif et sportif est assez infini. Cela apporte sans cesse de la nouveauté à la programmation. Il y a des éditions plus portées vers l’humour, d’autres vers le documentaire, le récit. C’est le cas de cette année qui va présenter des histoires très prenantes comme « Dream Line » ou « Meru ».

manon grimwood anime aussi les soirées du festival

manon grimwood anime aussi les soirées du festival

Comment se passe la sélection des films ?
On en « bouffe » beaucoup, on sollicite des auteurs. Mais pour la première fois cette année, sur les cinq films projetés, trois nous ont été recommandés. C’est la preuve que le festival gagne en notoriété. De plus en plus, la sélection risque de se faire sur ce que l’on va recevoir même si l’on continuera à aller chercher des pépites sur le net ou ailleurs. « Meru », j’ai mis deux ans à l’avoir par exemple. J’ai appelé cinquante fois Jimmy Chin. C’était un long combat mais on a fini par l’avoir. En ce moment, je guette Renan Ozturk qui fait des tournages en Alaska et qui produit habituellement de beaux films. Je ne sais pas quand son long métrage sortira mais je suis sa page Facebook pour le contacter dès que ce sera le cas. Le « bouche à oreille » fonctionne aussi pas mal entre réalisateurs.

On peut considérer que chaque session de « Montagne en Scène » se prépare comme une expédition ?
Un petit peu oui. J’ai fait une expédition sur le Cho Oyu au Népal en 2011. Il faut d’abord trouver des partenaires pour participer à l’évènement et se projeter très longtemps à l’avance. Au début, on n’image pas que cela va se concrétiser. Au fur et à mesure que la date approche, on s’entraîne de plus en plus. Et on finit par plonger dans l’évènement. « Montagne en Scène » c’est pareil. La tournée dure un mois, à peu près le temps d’une expédition dans l’Himalaya. Et quand on est dedans, c’est le meilleur moment.

Votre camp de base compte combien de coéquipiers pour venir à bout de chaque expédition de « Montagne en Scène » ?
Moi et une stagiaire à plein temps, plus Manon en support. Nous avons des prestataires pour réaliser la bande-annonce ou faire vivre les relations avec la presse. Mais nous avons surtout plusieurs groupes de bénévoles dans les villes étapes. Presque cent en tout. Ils nous aident à l’affichage, à l’accueil sur les soirées et c’est assez incroyable. Ce ne sont pas toujours les plus gros passionnés de montagne à la base mais ils nous aident pour que la montagne vienne chez eux. Les rencontrer, passer du temps avec eux sur la tournée rend l’expérience encore plus appréciable. C’est très stimulant.

sur la scène de "Montagne en Scène"

sur la scène de « Montagne en Scène »

En 1996, dans « La belle verte », la cinéaste Colline Serreau fait dire à l’un des personnages : « Quand on a marché deux heures dans une montagne, on est plus intelligent »… Qu’en penses-tu ?
(rires) Je ne sais pas si c’est vrai mais on est plus épanoui en tout cas ! Tous ceux qui fréquentent les hauteurs le savent. Quand tu reviens, tu as toujours un sentiment de plénitude. Notamment si tu as partagé ça avec des amis. Le solo, c’est bien de temps en temps, tu peux te retrouver avec toi-même. Mais, cette histoire de « cordée » est très importante. De par la beauté de l’environnement, le risque et l’effort, en montagne, on construit des relations que l’on ne construit nulle part ailleurs. Un dîner avec des potes, c’est toujours hyper sympa, j’adore ! Mais quand tu vas avec eux en refuge et que tu partages une journée là-haut, c’est quand même d’un autre niveau. A recommander à tout le monde !

Et si l’on vient passer deux heures à « Montagne en Scène » ? On ressort transformé ?
(Rires) Ah j’espère, j’espère… que les gens ressortent inspirés en tout cas ! Même s’il ne s’agit pas de projets alpins. Des gens m’ont confié avoir créé leurs boîtes après être venus. D’autres s’y sont rencontrés et se sont mariés par la suite. La semaine dernière, un gars m’a dit que c’était la seule chose qu’il partageait avec son père. Lui aime les films, son père la montagne et cet évènement les réunis. C’est assez génial ! Ce sont des tranches de vie. On sait que cela ne dure que quatre heures tous les six mois, que l’on ne va pas changer le monde. Mais si le plaisir pris inspire la semaine suivante voire le mois d’après, ce sera déjà ça de gagné.
Ces échanges avec le public se font quand ?
Sur les réseaux sociaux mais aussi à la fin des soirées. Ils viennent nous voir. Les gens ont payé leur place mais ne sont pas là pour consommer. Après les projections, ils nous disent souvent « merci ! Merci, c’était super ! ». C’est fou. Un ami qui travaille dans le monde du spectacle me faisait remarquer que c’était rare de voir ça à la suite d’une représentation. Ces remerciements font fait vraiment plaisir.

« La montagne n’est ni juste, ni injuste. Elle est dangereuse » selon Reinhold Messner qui a entre autres exploits réalisé  l’ascension des 14 sommets de plus de 8000 mètres sans oxygène… Et toi, c’est quoi ton expérience de la montagne ?
Evidemment que c’est dangereux. Mais pour profiter de cet environnement, il ne faut pas se focaliser sur cet aspect. Il ne faut pas l’oublier, se protéger, prendre garde aux avalanches et chutes de pierres…mais il ne faut pas être obnubilé par le risque. Il faut savoir être patient, adapter les sorties à son niveau, et savoir prendre du plaisir comme nous essayons de le montrer. Oui la montagne n’est ni juste, ni injuste mais elle est aussi ultra épanouissante.

Cyril Salomon aime la montagne et la pratique

Cyril Salomon aime la montagne et la pratique

Toi, tu la vis au travers de quel sport, la montagne ?
Je pratique l’alpinisme. Depuis Paris avec les problèmes que cela pose en termes d’acclimatation ou de logistique. Ce n’est pas évident. J’y vais les week-ends. Je fais aussi de l’escalade, de la randonnée, du ski de randonnée dans le Beaufortain. J’ai aussi fait du canyoning en Corse. Je suis originaire de Paris. Un citadin passionné de montagne.

Tu as modèles dans les pratiques outdoor ?
Quand j’étais plus jeune, je regardais en boucle le grimpeur Chris Sharma qui a réalisé la première ascension de Biographie, l’une des voies d’escalade les plus dures au monde. Il a mis trois ans à la faire, est revenu quatre fois. Il finit par l’enchaîner avec une musique incroyable sur la vidéo…Ca m’a beaucoup inspiré dans ma vie personnelle. J’ai vu des films de Patrick Edlinger comme « la vie au bout des doigts » qui m’ont donné envie d’aller dans le Verdon par exemple. La vidéo peut provoquer des réactions positives dans la vraie vie, ce n’est pas juste de l’écran. Aujourd’hui, Kilian Jornet est une icône du trail et de la montagne. Par ses vidéos, son approche très pure, il a fait beaucoup de bien à beaucoup de gens. Il communique sur le plaisir d’être en montagne, sur un dépassement de soi épanouissant. Il est inspirant pour beaucoup de gens. C’est très important. Et si je fais ce métier lié à la vidéo de montagne, c’est aussi parce que j’ai eu ce genre d’émotions qui m’ont été communiquées par le même moyen. Mais des livres comme « Into Thin Air » de Jon Krakauer sur la tragédie dans l’Everest m’ont aussi donné très envie d’aller en haute altitude et de faire un 8000m. Contrairement au film « Everest » qui vient de sortir et ne montre pas le plaisir qu’il y a à aller en haute montagne.

Pourquoi la montagne fascine selon toi ? Ruben Östlund, Réalisateur et scénariste suédois, disait (figaro – 28/01/2015) qu’elle était « un décor intéressant dans la mesure où on ne contrôle plus entièrement sa vie.” ?
C’est possible. L’imprévu est toujours là. Sur le Mont-Blanc que l’on connait bien, si tu essuies une tempête, même le meilleur des guides peut se retrouver chahuté. Rien n’est jamais garanti. Tu ne peux jamais tomber dans la facilité. Pour le récit et la dramaturgie, c’est un terrain parfait. Mais la montagne est heureusement peu règlementée. Il y a des codes mais tu peux aussi prendre des risques raisonnables.

Justement, une polémique a éclatée au sujet du Koh Lanta des neiges italien « Monte Bianco – Sfida Verticale ». L’émission de télé-réalité se déroule sur le Mont-blanc et est décrié côté français pour son aspect irresponsable.
Je ne suis pas d’accord. C’est un espace de liberté. On ne peut pas toujours établir un droit de faire ou ne pas faire. C’est un peu comme lorsque l’on parle de neutralité d’Internet. Il y a des choses horribles mais il y a aussi du très bon à prendre. La montagne c’est pareil. C’est la même liberté. La montagne n’est pas sacrée. A partir du moment où tu ne l’abîmes pas…faire de la montagne un parc d’attraction en installant un téléphérique pour aller sur l’aiguille du midi me choque plus. Personne ne va dire « la montagne c’est facile » en regardant des gugus dans ce genre d’émission. Les gens sont assez responsabilisés et sensibilisés à ce sujet. C’est ridicule. Comme lorsque Kilian Jornet est critiqué parce qu’il part faire le sommet du Mont-Blanc en courant et en basket. Est-ce que l’on se sent capable de faire pareil en le regardant ? Pas vraiment.

La wingsuiteuse et snowboardeuse suisse Géraldine Fasnacht dont vous projetez un extrait du long-métrage « 13 Faces du Valais » prône une pratique raisonnée de son sport et de la montagne. Elle dit : « aimer dessiner des lignes sur les pentes de la montagne » . On dirait que ceux qui aiment les sommets entretiennent un rapport charnel, presque sensuel, avec ces lieux. Tu confirmes ?
Complètement. Il y a un côté artistique et complètement charnel. En ski, une belle courbe te permet de presque caresser la montagne. Ce sentiment est très très clair. Et de la même façon en alpinisme, l’attrait pour telle ou telle ligne ou voie s’explique par la beauté de la forme de ce trajet. C’est géométrique, c’est essentiel et ..charnel oui !

Pourquoi venir à « Montagne en Scène » si on n’aime pas la montagne ?
Rien que pour « Meru » déjà. Ce film est incroyable, plus fort que la fiction. Il a gagné le prix du public au festival de Sundance aux États-Unis, le festival de Robert Redford. Ce qui arrive aux protagonistes est juste inimaginable. Il faut le voir pour le croire. Conrad Anker a mis vingt ans pour gravir ce sommet. En termes de patience et de persévérance, c’est un modèle.
Et puis, quand on voit le succès du film Everest alors que la plupart des spectateurs qui l’ont vu n’aime pas la montagne. Ils ont mis des millions de dollars pour faire ce film. Quand tu vois « Meru », avec beaucoup moins de moyens, c’est nettement mieux.

Lynn Hill en plein effort

Lynn Hill en plein effort

Y-a-t-il une personnalité qui incarne la montagne selon toi et que tu aimerais particulièrement faire venir ?
Lynn Hill qui est la première à avoir escaladé le Nose sur le rocher El Capitan. C’est un monument de l’escalade, une femme et nous n’avons pas beaucoup de films avec des femmes alors que nous en comptons beaucoup dans notre public. En interview, elle paraît très modeste, très accessible et elle monte encore très bien à plus de 50 ans donc ce serait très sympa de la recevoir.

“L’ivresse venue, nous coucherons sur la montagne nue avec le ciel pour couverture, et la terre pour oreiller.” écrivait le poète chinois Li Po. Et toi, concernant « Montagne en Scène », quel serait ton vœux le plus secret ?
Ce n’est pas un secret. Que cela continue sur cette lancée. On se développe : les spectateurs sont contents, les partenaires sont contents, les réalisateurs sont contents… alors pourvu que cela dure !

 

Propos recueillis par @stephanlem

Montagne en Scène, dès le 16 Novembre dans 20 villes en France et aussi en Belgique et en Suisse ! La liste des étapes ICI.

 

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